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MOTO

22/05/2007 | 18:20 par Xavier RICHARD

Sylvain Guintoli, une étoile qui monte

- Sylvain Guintoli (Dunlop Yamaha Tech 3) dans son stand - DR -

Sylvain Guintoli (Dunlop Yamaha Tech 3) dans son stand

© DR

Seul débutant en MotoGP, Sylvain Guintoli a tapé dans l'oeil des observateurs au guidon de sa Dunlop Yamaha Tech 3.

Un moment en pole et en tête du GP de France au Mans, le pilote français a été l'un des hommes forts du week-end avec son compatriote Randy de Puniet (Kawasaki) et l'Australien Chris Vermeulen (Suzuki). 10e à l'arrivée, son meilleur classement, Guintoli doit maintenant confirmer qu'il ne sera pas qu'une étoile filante dans la catégorie reine.

 

En MotoGP, il y a Valentino Rossi et les autres. A l'applaudimètre comme sur la piste, le septuple champion italien dépasse de très loin ses rivaux. Avec l'arrivée des jeunes pousses sans complexe comme Stoner ou Pedrosa, le Docteur a toutefois les bistouris qui tremblent. Dimanche, au Mans, Rossi a même vu deux frenchies lui faire l'intérieur. Si Randy de Puniet n'est plus un inconnu après une première saison mitigée parmi l'élite de la moto, Sylvain Guintoli commence à faire parler de lui. Samedi, après des qualifications où le Français avait occupé la pole position pendant six minutes, la BBC avait même déplacé son correspondant sous l'hospitality du team Tech 3. Une première pour Guintoli, très à l'aise dans la langue de Shakespeare (sa femme est anglaise). Engagé à la dernière minute par l'écurie d'Hervé Poncharal, le rookie a offert à son patron une superbe exposition. "J'ai regardé sur l'écran géant à la Chapelle. Quand j'ai vu "Gui" (abréviation officielle de Guintoli) en rouge, j'ai regardé à deux fois, explique-t-il. Je me suis dit, c'est pas mal…" Ce temps canon réalisé dans la roue de Stoner sera reproduit en solitaire à la fin de la séance. "Je suis content de l'avoir refait tout seul. J'attendais une roue et puis finalement je me suis lancé quand même, indique-t-il. C'est bien pour la confiance".

La confiance et surtout l'expérience. Quand les derniers millièmes se gagnent sur des détails, l'expérience apporte cet avantage qui peut faire la différence. Au Mans, Sylvain Guintoli n'avait jamais poussé sa moto aussi loin et aussi fort. "Ça commençait à être un peu la limite, lâche-t-il. La limite, tu l'apprends petit à petit. Avec des séances comme cela, c'est idéal. On est proche de la capacité maxi de la moto, des pneus, ça permet de mieux comprendre ses réactions. Cet après-midi (samedi), il ne fallait pas en remettre de trop." En course, c'est en vieux briscard qu'il a pris la tête. "Tout le monde se méfiait, mais moi j'avais un bon feeling, je n'ai pas pris de risques inconsidérés et à un moment je n'avais plus personne à dépasser, j'étais en tête!" Même si une chute l'a contraint à prendre la 10e place, ce résultat est une réussite. "C'est excellent pour l'équipe et pour Dunlop car ce fut un super week-end qui nous a décomplexés. On a encore progressé et même si j'ai chuté par la suite, je pense qu'on a marqué les esprits".

Des points de plus en plus gros

Se comparant lui-même à un diesel après la trêve hivernale, Guintoli est le premier surpris par la rapidité de la progression. Trop grand pour les 250 cc où il a obtenu un podium en 2005, le Drômois se sent plus à l'aise sur une grosse cylindrée. Et la M1 lui va comme un gand. "En arrivant en MotoGP sur la Yamaha, je n'ai pas vu de différence avec celle de Rossi, confie le pilote Tech 3. Je l'ai suivi plusieurs fois en Chine et la moto est identique. C'est important car, mentalement, on ne se créé pas de faux problème sur le matériel. On est plus honnête avec soi-même au niveau pilotage". Très performant, presque trop à ses dires, au niveau freinage,  Sylvain Guintoli loue le train avant de sa machine. "J'ai un bon feeling avec le pneu avant Dunlop. Je peux attaquer fort sur l'angle. C'est bien pour doubler, explique-t-il. Après, il faut peut-être que je pénalise cela pour améliorer l'accélération".

Trouver le meilleur package pour son style de pilotage, c'est l'objectif du seul rookie 2007. Mais ça ne se fera pas sans Dunlop. "C'est l'avantage d'être les seuls à travailler avec eux car on peut travailler dans des voies sur mesure. Eux peuvent vraiment réagir à nos demandes personnelles. Ils peuvent se concentrer là-dessus. Après, c'est encore dur de se battre contre les automatismes et le pilotage naturel", assure Guintoli. Après une année d'apprentissage, le binôme Yamaha – Dunlop commence à porter ses fruits. Plus régulier que l'expérimenté Tamada, Guintoli est le premier a en tiré des bénéfices en marquant des points de plus en plus gros à chaque course. "On évolue sur les essais hivernaux et sur les courses, analyse le pilote. Je pense que les pneus ont beaucoup évolué et correspondent mieux à la moto. Dunlop fait un travail énorme pour faire progresser les pneus de course et de qualification. Petit à petit on se rapproche. Après, il n'y a pas de magie sur les feuilles de temps. Si on est dans le paquet à une seconde de la pole, c'est que le package marche". Et si ça marche, Sylvain Guintoli trouvera naturellement sa place dans le top 10.

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