Après deux rencontres éreintantes face à deux compatriotes -Almagro (3-6, 7-6, 7-5) et Robredo (6-3, 3-6, 7-5)- l'enfant de Manacor débutait le match avec, théoriquement, une moins bonne fraîcheur physique. Toutefois, l'Espagnol n'avait plus repris la compétition depuis trois semaines et sa finale à Shangai.
A contrario, le Manceau avait "bénéficié" la veille d'un adversaire affaibli en huitièmes (Gilles Simon souffrant d'un genou), mais il n'avait eu que deux semaines de répit depuis l'US Open... Comme il l'avait fait, face à Montanes au deuxième tour, Tsonga débutait par un ace détonnant, qui faisait toujours son petit effet auprès du public, et de son adversaire. Le N.9 mondial empochait d'ailleurs le premier jeu sur un jeu blanc. Il bénéficiait d'une balle de break dès le premier service de l'Espagnol, mais ce dernier s'en sortait, sauvé par un ace.
Il s'en suivait une bataille de cogneurs qui régalait le public du Palais Omnisport de Paris-Bercy, venu en nombre pour assister à ce duel. Finalement, le N.2 mondial profitait d'un service plus friable de Tsonga et parvenait à passer devant à 5-5. Il confirmait le break et enlevait la première manche 7-5, grâce à des passings laissant sur place le Français.
Nadal a semble-t-il tourné la page de ses douleurs aux genoux, un épisode qui lui aura coûté la première place mondiale au profit de Roger Federer. Et l'entame de la deuxième manche ne faisait que confirmer cette impression, l'Espagnol multipliant les passings sur
les montées de Tsonga. L'élève d'Eric Winogradsky tenait bon grâce à son service et menait toujours la danse à 4-3 après une heure et demie de rencontre. Sous le regard de son père Didier, Jo-Wilfried Tsonga sauvait une balle de break, et gardait la main (5-4).
Mais comme dans le premier set, Nadal, finaliste en 2007 (et quart de finaliste l'an passé), haussait le ton et déstabilisait son adversaire sur son service (6-5). Déboussolé, Tsonga perdait le match, son titre et une place à la Masters Cup au bout de 1h53. "C'est à l'image de ma saison. J'ai les occasions. J'ai tout ce qu'il faut dans la raquette pour terminer, mais finalement je ne le fais pas", a-t-il lâché. Il y a eu trop de matches cette année où j'ai eu dix ou douze balles de break sans en faire une. (...) Le jour où je serai plus fort que lui je le battrai, mais pour le moment ce n'est pas le cas", a-t-il dit.
commentaires